Expérimentations

Maman était tellement éprise de ses violettes africaines qu’elle disait que c’était comme de la nourriture pour son âme. Chaque moment qu’elle avait de libre, elle s’effaçait pour aller dans sa serre au bout du jardin avec ses 3 inséparables petits compagnons, Fizzy, son chien et ses deux chats, Wooz et Sammy. Ils la suivaient partout, mais ils n’avaient cependant pas la permission d’entrer dans la serre. Un jour, les chats y sont parvenus et ont fait toute une pagaille, brisant des feuilles partout sur leur passage. Madame Mather installa rapidement une porte à ‘l’épreuve des chats’.

Madame Mather et 'Wooz'


Notre mère aimait explorer et expérimenter toutes sortes de choses dans le but d’améliorer la culture de ses violettes. L’une de ces expériences préférées était d’essayer de trouver la recette magique pour un sol parfait. Elle se mit donc à chercher du côté des différents types de fumiers qu’elle pouvait trouver.


Au Kenya, dans les années 70, comme le braconnage n’avait pas encore pris racine, on pouvait encore trouver des éléphants sauvages en abondance. Chaque année, toute la famille montait dans la Jeep (3 adultes, 2 enfants, 2 bergers allemands, 2 hamsters et 2 tortues). Nous faisions plus de 300 milles pour nous rendre dans le petit village côtier de Malindi au Kenya pour les vacances annuelles. À cette époque, la route pour s’y rendre était composée d’un mélange de terre et d’asphalte. Un chemin sinueux à travers le parc national de Tsavo. La famille s’amusait à repérer les troupeaux d’éléphants. Parfois, nous pouvions en compter une cinquantaine en train de se nourrir sur les collines au loin, ou plus près même, au beau milieu de la route. Lors de ces expéditions, maman voulait changer le jeu. Au lieu de repérer les éléphants, il fallait plutôt repérer les montagnes de fumier d’éléphant. Quand un bon tas était localisé, la voiture s’arrêtait d’un coup faisant crisser les freins. Maman bondissait littéralement de la voiture, attrapait une pelle et ramassait une portion de cette fameuse mixture en la jetant dans un sac le plus rapidement possible. Il était clair qu’il était préférable de ne pas s’attarder sur le territoire de ces géants.

 

Si je me souviens, le fumier d'éléphant n'a pas vraiment fonctionné pour violettes, car il s'est avéré être «trop riche». Cependant, pour nous, les enfants, ces voyages étaient palpitants et très excitants, malgré les risques que cela pouvait engendrer.

 

Annie Mather