Premier défi de taille

Maman avait un grand sens de l'humour et était très drôle. J'ai beaucoup de souvenirs associés à ses violettes africaines notamment lors de plusieurs expositions horticoles. Je n’ai pas souvenir d'une occasion où elle n'a pas gagné un premier prix pour ses violettes. Parmi les nombreux prix qui lui ont été décernés, «meilleure plante de l’exposition", prix spécial décerné par les juges pour sa culture exceptionnelle ainsi qu’une médaille d’or.


D'une manière ou d'une autre, étant ses enfants, nous étions tous impliqués dans sa passion pour les violettes africaines. Quand elle semblait avoir disparu, nous n’avions qu’à entrer dans le jardin et crier « maman! » qu’aussitôt sa voix familière se faisait entendre. Elle répondait, « oui chéri, je suis dans la serre ».


Un défi de taille, les insectes dans la serre.

Même notre jeune frère, Charles, voulait faire sa part. À l’âge de neuf ans, un jour, suite aux nombreuses plaintes de notre mère au sujet des insectes (appelés «Dudus» en swahili) dans la serre, Charles conclut un accord avec maman. Elle devrait lui donner 1 cent par « dudus » attrapés dans la serre. Aussitôt l’entente confirmée, il disparut. Au bout de quelques heures, il réapparut avec son butin de la journée. Un vase rempli d’une variété de « dudus ». 


Maman le regarda et lui dit : « tu n’as pas pêché tout cela dans la serre! » Charles lui répond à son tour : « Je sais, mais ce que nous ne savons pas, c’est si elles étaient dans la serre hier ou si elles le seront demain! » Maman et Charles révisèrent leur entente en prenant tous ces facteurs en considération.


La passion de maman pour ses violettes africaines était comme un voyage sans fin, afin de préserver cette petite plante merveilleuse qu’elle aimait tant. Elle disait toujours qu’elle avait un cinquième enfant. Je crois que le nom de cet enfant était ‘Saintpaulia’.

 

Caroline Mather